sans cesse

popwar

vendredi 12 juin 2009

Je ne me souviens plus du titre que je voulais mettre à cet article.

Depuis quelque temps cine-gual me demande : quand est-ce que tu vas écrire sur 00essai.net?

Aujourd'hui, Simon, aujourd'hui. J'ai plusieurs thèmes qui trotent dans ma tête depuis 5h AM. Trois heures plus tard, j'écris ces lignes, et sans plus de préambules, je me lance, risquant de tout tourner au ridicule.

Je suis conscient que 00essai reste un pseudo-blogue traitant surtout d'expression artistique / cinéma et de certains sujets dignes de débats, mais toujours « dans l'abstraction » de ce qui peut être considéré comme art – en fait, je ne suis conscient de rien, mais c'est ce que 00essai représente pour moi -. Peut-être que ce que je vais écrire ne fait pas dans les normes de ce que l'on s'attend à retrouver sur le site, je m'en excuse donc à l'avance. J'ai écrit cet article dans le désordre. J'ai développé autant que possible sur les thèmes qui m'ont obsédé depuis mon réveil, et je les ai changé d'ordre, modifié, re-collé, etc. de façon à ce que le texte ait un certain sens, puisque les idées présentées sont quand même assez différentes d'un paragraphe à l'autre. Je réalise tout de même qu'il y a un thème récurrent, et que l'article une fois fini, il donne quelque chose d'assez uniforme.

J'ai lu Camus – je ne fais en aucun cas référence à la blague qui revient très souvent sur le blogue, ce qui suit est sérieux! - dans l'espoir de me révolter, de dévenir un homme révolté, de comprendre, non pas le sens de la vie, mais le fait que la vie n'a pas de sens. J'ai apprécié ses propos, mais le tout reste beaucoup trop personnel et particulier pour que je puisse m'attacher à sa façon de penser. Aujourd'hui je deviens homme alors que je n'ai jamais réalisé avoir été adolescent. Je suis toujours un enfant.

Je suppose que c'est peut-être ça, que nous avons en commun, ce côté « enfantin » qui nous pousse à créer, à nous exprimer – même si c'est fait de façon naïve, en croyant que nous avons réellement quelque chose à dire et que l'on veut réellement nous écouter. « Maman, maman! Regarde, regarde! ».

C'est peut-être ça, un aspirant-cinéaste/créateur/artiste, aux yeux de quelqu'un qui l'est déjà, ou aux yeux de tout intellectuel qui nous surpasse. Quelqu'un de naïf, qui croit réellement avoir des chances dans un domaine de requins.

« Oui, mais je veux m'exprimer, moi! Je veux pas faire Hollywood et j'ai réellement quelque chose à dire »

C'est ça, la naïveté dont je parle.

« Pourquoi toi, sur ton ordinateur, dans l'une des plus riches villes du monde, aurait quelque chose digne d'être écouté? Et comment peux-tu évaluer, par toi-même, que tu as quelque chose à dire? Qui veut écouter tes problèmes avec ton ex-blonde, ta famille, ou tes crises existentielles? Quoi?! Tu veux mettre ça sur film et te faire payer? » , dis-je, derrière mon bureau.

La ressemblance entre le mot « bureau » et « bourreau » me frappe aux yeux.

J'espère que le lecteur ne croit pas que je suis quelqu'un de mauvaise foi, qui vient ici jeter une bombe pour repartir tout de suite, en riant du mal que ces propos péssimistes ont pu faire dans le coeur des naïfs. En fait, j'espère que le lecteur réalisera que je m'inclus dans cette gamme de naïfs, et que je crois que c'est notre qualité première, en fait, il s'agit de notre « moteur » pour créer. C'est parce que nous sommes naïfs que nous croyons que ce que nous avons à dire vaut la peine d'être dit, et c'est bien ainsi, puisque sinon, il n'y aurait personne qui créerait quoi que ce soit. C'est grâce à cette inconscience de ce que les gens peuvent penser des personnes qui aspirent dans un domaine artistique - ou contingenté - que nous avons le courage – et je ne peux penser à d'autre mot plus juste que courage, sachez-le – de faire des films, de la musique, de dessiner, et de montrer tout cela à des gens qui vont passer dix, vingt secondes, tout au plus, à regarder nos créations jusqu'à ce que cela ne les amuse plus. Puisque c'est cela qu'ils veulent, être amusés.

En fait, pensez à quelqu'un qui ne s'intéresse pas du tout à ce qui est culturel, artistique ou un peu moins accessible. Comment ce sujet voit toute personne qui souhaite devenir « artiste »? Il pense surtout à sa naïveté. « Voyons donc, artiss? Tu penses vraiment faire carrière la-dedans? En plus tu veux pas faire des films d'action? Tu mangeras pas, toi! »

Je tiens à mettre au clair quelque chose qui m'a paru ambigu après une lecture de ce texte. Je sais que l'on peut considérér que « tous les gens ont quelque chose à dire ». Je parle surtout dans le sens où l'on prétend « vivre » en « disant ce que l'on a à dire ». Je parle d'argent, de faire sa vie en cinéma – ou en musique, ou en peinture, ou en je-ne-sais-pas-trop-quoi -.

Je pense bien que je n'ai plus rien à donner. En fait, sachez que cet article n'a pas été écrit dans le but de nuire, mais plutôt dans le but de théoriser – oui, oui, je théorise, maudit étudiant que je suis!- , de définir le moteur qui nous pousse à faire ce que nous faisons; essayer de faire du cinéma.


Alvaro.

7 commentaires:

  1. J'attend Erazolle la dessus.

    Tu peu vivre du cinéma, je pense, si tu ne crée pas, en fait, si t'es techniciens pis que t'as une coupe de contrat par année.

    C'est pas moins plaisant, à mon avis.

    En fait, c'est ni moins, ni plus, tout dépendant.

    La naiveté est un moteur, ch'suis d'accord. Dans mon cas c'est plus l'expérience, et avoir du fun.

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  2. « Oui, mais je veux m'exprimer, moi! Je veux pas faire Hollywood et j'ai réellement quelque chose à dire »... Je crois qu'il existe plus de personnages que celui que tu nommes ici. L'un a une idée novatrice et intéressante et veut le partager (le cas que tu décris, je crois); un autre dit: "J'ai écrit de quoi que jvoulais pas faire mainstream cliché/cucu, mais tsé jme prend pas pour un dieu non plus. J'innove pas nécessairement, je fais cqui mplait sur le moment, un point c tout." Celui-là a probablement moins d'ambition de job dans le domaine des arts, mais peut-être plus de fun à faire ses trucs que le premier cas. Je m'inclus la-ddans. Peut-etre suis-je un naif blasé. Sais pas.

    Bon post.

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  3. Ni naïf,
    Ni guérillos,
    Faire est une chose;
    Savoir pourquoi et l'assumer
    S'en ai une autre...

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  4. je trouve cela interresant koi ke tres proche des autre histoire bidon qui tourne en rond

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  5. Je suis d'accord par rapport à la naïveté. Nous sommes très naïfs de penser que nous allons tous réussir.

    En même temps, la naïveté amène une part d'inconscience qui me titille un peu. Je ne crois pas que nous sommes inconscient de ce que nos faisons dans ce «milieu de requins». On a à se démarquer de cette naïveté d'«artiss». En fait, je crois qu'il y a une grande part de conscience dans le fait d'être «artiss». Les choix, les sacréfices, les kraft dinners que nous allons manger pour survivre contient une grande part de conscience. Tout le monde peut avoir une job dans une shop à 21$ de l'heure et vivre assez bien. Je m'éloigne. Bref, nous sommes plus conscient que naïf.


    @Rabot
    Les techniciens ne sont pas des créateurs. Les créateurs sont les réalisateurs, directeurs photos, la direction artistique et les gens du son. Tout le reste est là pour supporter l'équipe de créateurs. Dans nos films «étudiants», tout le monde est créateur à petite dose pour créer un film quelconque, et c'est très bien comme ça.

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